5.2 Archives
retour

PROPOSITION POUR UN MECANISME INTERNATIONAL DE REPARTITION DE RICHESSE INTERNATIONALE
CREATRICE DE DEVELOPPEMENT

Résumé

Ce document développe la proposition d’un mode de financement de projets de développement.La démarche s'appuie sur les concepts d'échanges et de partage.Comment, de l'un, parvenir à l'autre, les deux étant intimement liés par la coexistence des peuples et les inévitables et indispensables contacts et échanges qui se nouent entre eux.
Parmi les modes de financement envisageables, celui qui est traité dans ce document découle de la notion de l'enrichissement qui provient des échanges, donc du commerce, et plus spécifiquement des “exportations” de biens, génératrices d’accumulation de devises extérieures, donc de pouvoir d’achat international.
Après la présentation de la base du système, une typologie d'application en 8points est développée, avec la notion de droits à partage.

Préambule
L’objectif fondamental de notre recherche d’un équilibrage, tout relatif, des relations économiques internationales se base sur les deux concepts “d’échanges” et de “partage”. C’est donc à partir de l’un que nous souhaitons parvenir à l’autre, les deux étant intimement liés par la coexistence des peuples et les inévitables et indispensables contacts d’échanges qui se nouent entre eux. Il s’agit bien de contacts d’échanges entre entités communautaires et non pas entre individus.
Cette logique amène à considérer la notion d’enrichissement qui provient des échanges, donc du commerce, et plus spécifiquement des “exportations” de biens, génératrices d’accumulation de devises extérieures, donc de pouvoir d’achat international.
Il s’agit ici d’une formule d’aide spécifiquement liée au développement des pays moins avancés, les moins bien nantis toutes proportions gardées, pour leur permettre, par leur propre effort de mobilisation interne tant humaine que de moyens et ressources naturelles, de surmonter au mieux, selon une progression graduelle, le handicap de leur retard relatif et ce pour le mieux être de leurs populations, des hommes d’aujourd’hui et des générations de demain.
Il ne saurait s’agir d’aide inconditionnelle, mais de tenir compte de considérations dynamiques, autant matérielles que démographiques, assurant une harmonie entre le pays et ses ressources, entre les productions attendues et un équilibrage des chiffres de population supportables sans contraintes dirimantes sur une potentialité naturelle donnée.
Il faut également considérer que les aides au développement existent sous des formes diverses depuis plus de trente ans. Aides volontaristes, aides contractuelles sujettes à remboursement, aides d’urgence exceptionnelles. Toutes demeurent valables, avec des sorts divers selon les conditions et selon les pays, selon la détermination et l’intégrité des hommes du pouvoir. Ceci est pour dire que si le bien est valable, il n’est du droit de personne de faire n’importe quoi avec n’importe quoi. Les choix sont nécessaires, car la matière de l’aide est précieuse et les ressources de l’aide limitées.
Superposer une forme d’aide additionnelle ne résout pas le problème des déficiences des hommes et des volontés. Dans le présent document, une solution est suggérée au titre d’une logique, non au titre d’une requête, au titre de la compassion spirituelle, au titre de la cohésion du devenir de l’espèce, au titre de la cohérence de l’édification du monde des hommes par les hommes et pour les hommes.
Il s’agit donc d’un système qui se justifie par lui-même au regard d’impératifs transcendants, un système qui ne préjuge d’aucun autre réseau d’aides, de dons ou de systèmes en place tous ayant leurs qualités et leurs faiblesses, tous ayant les impératifs internes et leurs conséquences aléatoires. Ce système proposé, s’appuie sur les données de l’économie mondiale sur les normes qui régissent les mouvements et les performances accomplies par les économies nationales. Il y introduit une notion complémentaire, le devoir du plus performant d’aider le moins fortuné, au travers de son mérite propre et de son honnête effort, non au travers d’un désir de simplement s’accrocher “aux basques” d’un plus fort.

Le système
Essentiellement basé sur l’HOMME, mais sur l’homme de bonne volonté. Car il s’agit de donner aux plus faibles des nations non pas la richesse, mais les moyens de leur propre remontée vers le mieux être.

Base
L’homme détermine le devenir et l’homme a des besoins, donc l’homme est l’objectif et l’instrument de son progrès. De ce fait, les droits à partage à reconnaître et constituer se feront sur la base des chiffres actuels de population de chaque pays. Mais il s’agit ici de tous les pays du monde, riches, se suffisant, ou pauvres.
La justification de l’inclusion de “tous” les pays, même les pays considérés riches, vient de ce que ces pays ont la charge de leur propre “quart-monde” et que se prévoit au travers du système préconisé une solution dirigée vers le progrès humain de ces personnes selon les mêmes critères éthiques que les populations des pays les moins avancés.
Mais la prise en compte de base des chiffres de la population de chaque pays, à une date de départ donnée du système, ne veut pas dire que les chiffres de toute démographie doivent continuer à engendrer des “droits” additionnels et une rationalisation de l’accroissement démographique peut être introduite.

Source
L’enrichissement des mieux nantis par les apports de production humaine des autres, qu’ils soient tout aussi nantis, moins bien nantis et surtout peu nantis : cet enrichissement transparaît par les exportations de biens dont le produit se traduit par une accumulation de pouvoir d’achat international appelés “excédents” constitués en devises monétaires des autres nations.

Typologie d’application
1 - un pourcentage spécifique sur les “recettes d’exportations” à prélever auprès des 50 premiers pays exportateurs du monde, selon chaque performance annuelle (certains peuvent avancer, d’autres rétrograder dans le palmarès, mais les “plus riches” continueront à figurer dans une telle liste sans rupture).
Pour donner une idée de l’importance des recettes considérées, signalons que le rapport annuel 1990 de la banque mondiale offre (page 36) un tableau des principaux pays exportateurs, où, sur un total mondial des valeurs d’exportations de 3090 milliards de dollars des EU, les 23 pays plus gros exportateurs totalisent à eux seuls 2411 milliards et 78,2% de la valeur globale mondiale. Le plus gros premier exportateur, les U.S.A. détient 11,8% de cette valeur mondiale, les trois derniers plus petits en détiennent chacun 0,9%. La proposition de prélèvement sur les recettes d’exportation, aux fins d’aide au développement et de rééquilibrage mondial serait d’assujettir :
a) les 10 premiers exportateurs mondiaux à verser au moins 5% de leurs recettes d’exportations,
b) les 20 suivants à verser 3% de leurs recettes,
c) les 20 suivants, plus petits mais encore conséquents, à verser 1%.
L’exemple de l’année 1989 représenterait un prélèvement significatif de 94 milliards de US dollars auprès des 10 plus gros exportateurs et près de 20 milliards auprès des 20 suivants selon les % ci-dessus. Ces chiffres représentent annuellement des montants énormes, alors que les “encours” de prêts de la banque mondiale, toutes échéances confondues, atteignent à peine un tel montant.

2 - Détention et gestion des fonds : les fonds ainsi collectés devront utiliser un organisme déjà existant, ayant la pratique de telle gestion, et susceptible d’étendre son activité normale à cette gestion additionnelle : l’association Internationale pour le développement (A.I.D. ou IDA en anglais) de la Banque Mondiale, organisme qui gère les fonds volontairement contribués par les états membres pour servir à des prêts à très long terme (40 ans) avec 10 ans de délai, peut très efficacement convenir à la gestion de ces fonds.

3 - Désignation : fonds de partage pour le développement.

5 - Base de calcul du partage et modalités : la base de la constitution des droits à partage est la population de chaque pays, à une date de recensement à convenir, en rapport à la population mondiale. chaque pays aura ainsi un taux ou ratio de “droits”.
Les recettes d’exportation collectées, chaque année, avec probablement un retard d’un ou deux ans, constitueront le “gâteau” sur lequel chacun des bénéficiaires détiendra “sa part” : il s’agit de tous les pays membres.
La mise à disposition des fonds sera effectuée par des ‘tirages” sur lesdits droits à partage, sur justificatif de projets et programmes de travaux ayant reçu l’approbation d’un corps de “grands experts conseils” appointés par le conseil d’administration de ce fond, C.A. restreint mais fonctionnant sous le contrôle d’un Comité de Tutelle conjoint formé de représentants des conseils des gouverneurs de la Banque Mondiale, du Fonds Monétaire International et de représentants désignés par l’ECOSOC des Nations Unies.

6 - Mise à disposition des fonds :
- par ‘tirages” financiers sur “justificatifs” selon approbation de projets et programmes ci-dessus.
- pour les pays dits “avancés” une alternative : soit les besoins internes de solution des problèmes internes de leur “quart-monde”, soit reversement volontaire aux PVD au travers de leurs participations aux autres systèmes d’aide internationale.
- pour les PVD et autres pays peu développés, également une alternative : soit pour le financement de projets et programmes pour les besoins internes, soit pour leurs participations régionales ou la coopération internationale.
- ces tirages, effectués en devises auprès du fond, sont utilisés au service des projets et programmés approuvés, mais assortis d’une procédure structurée de contrôle d’avancement de chaque projet ou programme, d’après les termes convenus au dossier d’approbation.

7 - Constitution des Ressources : si l’origine des ressources a été définie au point (1) ci-dessus, si la gestion a été confiée à un “fonds” en (2), si la supervision et la tutelle ont été précisées en (5), il demeure à aborder les modalités de la collecte des ressources du fonds.
Les recettes d’exportation mettent à la disposition du pays exportateur des accumulations de “devises monétaires” exprimées dans la monnaie des pays destinataires desdites exportations ou d’une monnaie convenue, le dollar US par exemple.
La scène monétaire internationale reflète depuis bien des années les problèmes inhérents à la mise en circulation internationale d’une “devise” prépondérante, le dollar US en l’occurrence, avec les faiblesses que cette charge fait peser sur la devise en question.
Il s’avère avisé de demander à chacun des pays, selon son rang dans la liste des “premiers exportateurs” un règlement de ses versements au “fonds de partage” :
- en sa propre devise nationale, pour chacun des 10 premiers plus grands exportateurs ; ainsi leurs monnaies seront mises directement à la disposition des bénéficiaires, dont ce qui leur revient pour leur propre population.
- en la devise de leur choix pour les 20 pays venant en seconde zone, ainsi que pour les 20 plus petits et détenant au-dessous de 1% des exportations mondiales.
Ainsi sera constitué un “panier de devises” à la disposition des bénéficiaires, importateurs de biens, mais aussi de services pour le développement. Les pays contribuant et les montants acquis au fonds seront ajustés chaque année, selon la liste établie par la banque Mondiale ou le bureau des statistiques des nations unies (avec une ou deux années de retard éventuellement).
Il demeure possible, compte tenu de tels retards, de requérir auprès des principaux exportateurs mondiaux, de provisionner à intervalles périodiques à convenir, “leur compte” auprès du fonds, quitte à régulariser définitivement au moment où les chiffres seront officialisés et reconnus.

8 - composantes de la définition des “droits à partage” :
a) la donnée de base est définie pour être le chiffre de la population, selon recensement, à telle année de départ du système;
b) étant donné la diversité des situations par pays et des faiblesses spécifiques face aux problèmes du développement, il s’avère indispensable de tempérer le critère de population et de le pondérer par l’introduction de composantes qualifiantes; cependant, ces composantes additionnelles, si elles doivent prendre en compte les handicaps, donc leur attribuer une pondération positive, se doivent également de compter des composantes à impact négatif, pénalisant, pour autant que des mesures d’assainissement et de redressement ne sont pas prises par le pays attributaire. Les raisons d’une telle pondération positive ou adverse, selon les cas, apparaîtront à l’évidence de par leur définition ci-après :
facteurs de pondération positive (le facteur de base “population” étant doté d’un coefficient 40/100)
le RIB par tête, selon sa faiblesse par rapport à la moyenne mondiale (+ de 1 à 10)
le PNB par tête, selon sa faiblesse (+ de 1 à 10)
la consommation d’énergie par tête selon sa faiblesse (+ de 1 à 15)
la consommation d’eau par tête, selon sa faiblesse, (+ de 1 à 15)
le taux d’alphabétisation , selon son amélioration au cours des 10 dernières années (+ de 1 à 10).
Ces “notations” peuvent améliorer les droits à partage pour les pays les plus démunis jusqu’à doubler peut-être leur quotité initiale.
facteurs de pondération adverse (pénalisant) le facteur de base “population” étant toujours coté à 40/100 :
l’accroissement démographique non contrôlé sur les cinq années du début du système et maintenu au-dessous de 2% : pour tout dépassement (- de 1 à 20)
taux de fécondité dépassant 3 naissances par femme (et éventuellement par foyer) et selon le degré de dépassement (- de 1 à 10).
Ces deux facteurs doivent être compris avant tout comme un engagement important sur le plan de l'éducation.
ratio exportations/PIB pénalisant la quotité initiale selon le taux concerné, calculé chaque année; plus ce taux est grand, plus il témoigne d’un apport en devises au bénéfice de l’économie considérée. D’autre part, il peut être l’indice d’une économie orientée excessivement vers les mono-productions donc non-équilibrée et n’assurant pas une gestion propice aux besoins de sa population.

Remarques finales

Les travers des indicateurs
Ces premières propositions, pour freiner le plus rapidement l’appauvrissement des trois-quarts de l’humanité, doivent être considérées comme transitoires et perçues comme un préalable à de nouvelles règles du jeu international.
Nous pouvons en effet considérer que le monde de la finance internationale, qui s’est constitué de façon autonome par rapport au système commercial, est devenu un monde à part, distinct des échanges commerciaux, et échappe aux mécanismes suggérés. Les échanges financiers mondiaux, qui atteignent quarante fois les échanges de marchandises, devront aussi participer à ce rééquilibrage des économies pour rompre la mécanique endettement et appauvrissement.
Les concepts d’échanges et de partage, comme fondement de nos propositions, ont pour but de conduire vers un partenariat des peuples et pas seulement des Etats et des firmes. Ils ne pourront s’accommoder longtemps uniquement des indicateurs (recettes d’exploitation, niveau de population) qui ont été suggérés, car les plus usités et souvent disponibles. De la mise en relation de ces indicateurs il se dégage une logique, celle de la maximisation, et des mécanismes de régulation définis pour cette dernière. La pratique de ces seuls indicateurs conduit à considérer le monde comme un assemblage d’Etats, d’Institutions financières ou monétaires, de firmes, dépendants mais non unifiés, et l’homme qui devrait être le principal bénéficiaire est occulté par leurs résultats.
Parallèlement aux mécanismes de partage des richesses suggérés, des recherches devraient être poursuivies pour dégager des orientations adaptées à chaque pays, région bénéficiant de capitaux nouveaux, afin que la redistribution soit réelle dans l’intérêt des peuples Il est admis qu’il n’y a plus une problématique unique pour le tiers-monde, encore faut-il dégager de nouvelles typologies en harmonie avec les dirigeants, les instances représentatives (institutions, associations, etc...) de ces pays et régions.

La finalité
Ces propositions sont de nature à remédier à certains aspects de déséquilibre des relations économiques mondiales. Leur mise en place et leur adaptation aux conditions nouvelles des mécanismes économiques et financiers sur une longue période est indispensable, de même que la prévention d'effets secondaires contraires aux objectifs tant pour les pays qui financent que pour les bénéficiaires, car ce n’est que sur le long terme que les déséquilibres peuvent être résorbés progressivement.
La philosophie du système a un sens sous plusieurs aspects : par la consécration de l’Homme, par les principes admis de référence au libre arbitre pour l’activité responsable économique, par la dynamisation des qualités de l’effort et de la volonté intègre, la reconnaissance de l’action positive et de son mérite, et la pénalisation des distorsions attribuables à la négligence et au laisser aller ou tout à la facilité tant du comportement individuel, ou gestionnaire, ou collectif.
Le fondement de l’activité économique, comme de toute autre activité humaine reste le comportement, la vigilance et la maîtrise des tendances sous l’emprise d’une sagesse patiemment acquise, méritée, digne et reconnue par une communauté fraternelle.

 

 

Travail élaboré par la commission
"Echanges et partage entre les peuples pour un nouvel ordre économique mondial"