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On connaît
l'œuvre de Chrétien de Troyes : elle a été
souvent traduite, reprise, mise en scène parfois. Celle de Robert
de Boron n'était connue jusque récemment que de ceux qui
manient avec une suffisante dextérité le français
médiéval pour pouvoir l'aborder dans le texte. Gerbert
de Montreuil n’est quant à lui, jamais traduit, sinon pour
de courts extraits. Gautier Map est le seul des quatre grands conteurs
du Graal à avoir écrit en prose, ce qui ne nuit en rien
à la poésie de son récit. Il a souvent été
traduit pour les passages qui se rapportent à Galaad, personnage
qui n’apparaît pas chez les autres auteurs.
Les traductions proposées suivent le texte original publié
aux Editions Honoré Champion au plus près. Nous avons
essayé de conserver, chaque fois que cela ne risquait pas d'induire
un contresens ou des obscurités trop graves, le style de chacun,
avec ses répétitions, ses images, ses juxtapositions,
ses changements de temps… S'il n'a pas été possible,
pour des raisons évidentes, de restituer partout le rythme octosyllabique
et les couples de rimes, nous nous sommes attachés à nous
rapprocher, autant que faire se pouvait, de la cadence des vers et de
l'harmonie des sonorités. Bien des difficultés subsistent,
bien des obscurités aussi. Il eût été facile
de les résoudre en prenant tel ou tel parti, mais c'eût
été manquer à ce souci d'honnêteté
qui doit être en toute circonstance la préoccupation majeure
du traducteur.
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