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Introduction

illiam Beckford a l'âme romantique, certes, mais ce mot de romantique, qu'il emploie fréquemment, ne peut revêtir pour lui la même connotation que celle qu'il a pour nous, étant donné que ce que nous nous appelons le romantisme ne fait que commencer lorsque Beckford est déjà bien avancé en âge. Les Méditations de Lamartine ont été publiées en 1820 et c'est de là que l'on date en fait la véritable entrée officielle du romantisme dans la littérature française, même s'il a été annoncé de façon plus officieuse par des écrivains comme Mme de Staël ou Chateaubriand. Lorsque les Méditations de Lamartine paraissent en France, en 1820, William Beckford a déjà soixante ans et son romantisme est derrière lui, il est déjà construit. Lorsque William Beckford dit qu'il a l'âme romantique, ou qu'un paysage est romantique, il invente le romantisme ; et ce romantisme est chez lui beaucoup plus pur, beaucoup plus authentique, pourrions-nous dire, que ce qu'il deviendra par la suite. Le romantisme devenu école, - comme c'est toujours le cas lorsqu'on systématise une pensée -, sera plus approfondi, plus cohérent d'une certaine façon, mais aussi plus artificiel. Chez Victor Hugo, chez Lamartine, parce qu'il y a eu Chénier, Chateaubriand, Mme de Staël, le romantisme devient une attitude de l'esprit. Chez William Beckford, le romantisme est beaucoup plus qu'une philosophie parce qu'il n'est pas encore une philosophie : c'est un état de l'âme, c'est une note spirituelle.

 

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